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Entries For: November 2004

2004-11-30

La proie de la magie

Je viens de terminer la lecture de Magic's Pawn, le premier de la série des Last Herald-Mage, de Mercedes Lackey.

Le mots me manquent pour décrire ce que cette lecture m'a apporté.

Il y a d'abord cette sensation de compréhension, immense, à la lecture de cette fiction, telle que les images décrites dans le texte ont provoqué en moi des images plus réelles que des souvenirs. Une sensibilisation tellement forte qu'elle m'a montré par l'exagération quelque chose que je n'arrivais pas à concevoir jusqu'alors : les histoires que je lis, les histoires que je vois, la musique que j'écoute, provoquent en moi des sensations beaucoup plus fortes, intenses, riches, que les simples contacts physiques avec la vie réelle. C'est précisément pourquoi j'aime ça, et je commence à percevoir comment jusqu'alors je m'empêchait d'accepter, de me livrer à cette sensibilité par crainte de m'aliéner la vie sociale, qui ne tolère pas les doux rêveurs en proies aux fictions qu'ils rencontrent.

Sauf que, cette lecture me l'a révélé, cette sensibilité m'ouvre, me révèle en faisant ressortir une partie de ma personnalité que j'aime, celle qui me donne la satisfaction d'être en accord avec moi-même. Si ce n'est qu'il ne se passe pas longtemps avant qu'elle me fasse penser à des choses douloureuse, donc cela ne durera pas. Il suffira probablement de quelques heures de sommeil après une rapide masturbation pour oublier ce texte et dissiper ses effets, et je redeviendrai l'être humain banal qui se considère prisonnier sans espoir de la réalité ; celui que je me suis entraîné à être, pour me protéger contre la douleur de laisser à nu une sensibilité mal maîtrisée.

Je pense que je souhaite désormais corriger le tir : défaire ce masque impassible que je créé depuis quelques mois, tout en apprenant à contrôler cette sensibilité et l'utiliser à bon escient. Je vais commencer par continuer à lire de genre de choses, mais ce serait probablement opportun de trouver quelqu'un pour m'apprendre ce que signifie ce que je ressens pendant ces lectures : une sorte de guide.

On ne peut pas dire que j'aie tout le temps libre nécessaire pour ce genre de recherche intérieure, mais d'un autre côté mieux vaut tard que jamais.

2004-11-28

Suite

Comme prévu, ça s'est bien passé. Un petit coup de stress vers 18h, où j'avais l'impression que mes préparatifs stagnaient et que j'allais donner l'impression de quelqu'un enlisé dans son nettoyage, mais finalement résolu par ma colocataire et un invité qui d'un élan de bonté ont franchi l'obstacle « vaisselle » en redonnant un rythme rapide aux préparations culinaires qui s'ensuivirent.

Là, tout de suite, je suis allongé dans mon lit, le chat au niveau des pieds, un amoncellement de peluches à ma gauche et tout un tas de choses sales à laver derrière moi, de l'autre côté du mur (la cuisine).

Nous avons beaucoup mangé, presque trop, comme pour la boisson d'ailleurs.

(pause-dodo)

Je me réveille, il est dix heures et demie. Du matin.

Outre les souvenirs qui me reviennent en pointillés, je me rends compte d'une sensation nouvelle : je suis responsable désormais de deux êtres vivants.

Il y a le chat, dont je connais désormais le rythme ; de toutes façons, nos habitudes respectives sont assez proches, donc nous nous adaptons facilement l'un à l'autre.

Et il y a désormais la plante : mon anniversaire nous a liés, je l'ai installée devant ma fenêtre, et je vais devoir me faire petit à petit à son rythme… Car je doute qu'elle puisse s'habituer au mien. Le plus difficile, c'est que le végétal n'aime pas le froid (il me faudra chauffer un peu en permanence) et doit être humidifié régulièrement. Bah, on verra bien.

2004-11-27

Un jour comme les autres

Il est presque onze heures, je suis encore vautré dans mon lit avec les volets fermés. L'évier est rempli à ras bord de vaisselle sale, les chats ont fait des cochoncetés sur le carrelage de la cuisine et de la salle de bains, il y a un amoncellement de poils d'origines variées étalés sur les moquettes, mon linge sec depuis trois jours est encore pendu sur l'étendage, et des pièces de linge sale sont disséminées partout dans ma chambre.

Ce soir, je suis censé recevoir des gens, et je n'ai aucune idée encore de ce que je leur donnerai à manger.

Cet après-midi va être long et difficile.

D'autant plus difficile que j'ai un bouquin en cours de lecture, et que quatre non-lus m'attendent déjà.

Le programme :

  1. Aller à la banque ! vite, elle n'est ouverte que jusqu'à midi. En profiter pour m'offrir le dernier Têtu ;
  2. dans ma chambre, ranger la couche supérieure ;
  3. dans ma chambre, nettoyer la couche inférieure ;
  4. dans la cuisine et la salle de bains, nettoyer pour les chats ;
  5. dans la cuisine, nettoyer la vaisselle ;
  6. dans la cuisine et les toilettes, nettoyer le sol ;
  7. acheter quelques premières provisions au Leclerc en bas de la rue ;
  8. commencer à préparer les mets réchauffables ;
  9. faire cuire les crêpes d'avance ;
  10. absorber quelques vitamines, pour ne pas faiblir pour la suite.

C'est quand même difficile de me dire qu'il faut que j'invite des gens chez moi pour me motiver à entretenir mon logement.

Grumph.

2004-11-26

Questionnaire

Via Kain.

Pas très intéressant mais mignon.

  1. Votre mot préféré ?

    « miel. » (c'est le mot prononcé par Till Eulenspiegel à sa maman, lorsque à l'article de la mort elle lui demande un mot doux)

  2. Le mot que vous détestez ?

    « tu dois. » Je ne dois rien ; je veux bien.

  3. Votre drogue favorite ?

    En ce moment, absorber une vodka-pomme en écoutant de la trance. En drogue dont je suis dépendant, les gens que j'aime.

  4. Le son, le bruit que vous aimez ?

    Les cloches tubulaires de Mike Oldfield.

  5. Le son, le bruit que vous détestez ?

    Le feutre qui crisse sur la feuille de papier (j'en ai des frissons dans la mâchoire rien qu'à y penser en écrivant).

  6. Votre juron, gros mot ou blasphère favori ?

    « ah mais quel con » (en parlant de moi) ou « sa mère » (en formule indéfinie).

  7. Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?

    Les deux.

  8. Le métiez que vous n'auriez pas aimé faire ?

    En notant bien le conditionnel passé première forme, je dirais le métier que je suis en train de faire actuellement. Cela dit, maintenant ça ne me dérange plus. À la même question au conditionnel présent, je dirais « informaticien. »

  9. La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ?

    La pomme de terre. J'aime me sentir utile.

  10. Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?

    Rien. S'Il existe, je n'ai pas besoin de L'entendre.

⇄ ↗

Depuis une aventure malheureuse avec un robot d'indexation mal configuré qui parcourait toutes les versions d'un calendrier intégré à un de mes sites web, je fais attention aux dépassements exceptionnels de consommation de trafic chez mon hébergeur, qui ne m'autorise que 1Go de trafic par mois.

Aujourd'hui, quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai vu mes statistiques de fin de journée d'hier grimper à presque dix fois les valeurs normales ! Chose curieuse, cela n'était pas le fait d'une machine particulière, ce qui ne me permettait pas de repérer facilment l'origine de la situation.

C'est seulement ce matin en faisant ma tournée quotidienne des dernières nouvelles de ma blogosphère que j'ai compris ce qui se passait : je me suis retrouvé en première page chez Matoo.

Gala, merci Matthieu :)

En fait, ça confirme la maxime populaire en vigueur chez les fournisseurs d'accès et les hébergeurs : il suffit de parler de sexe ou de conflits sanglants pour booster la popularité d'un site.

De là à dire que qu'on peut y voir une confirmation que le sexe est avec la guerre un des deux piliers de l'Histoire, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas aujourd'hui, mais la tentation est grande.

Mardi prochain, je devrai être à 6h30 (ouch !) à la Gare de Lyon pour aller… à Lyon, pour le début d'une formation à 9h.

2004-11-25

Masturbation

via Eve, Solveig

  1. Avec quelle fréquence te masturbes-tu ?

    Plusieurs fois par semaine. À certaines époques, une fois par jour (et très exceptionnellement plus). En ce moment, moins (pour cause de substitut).

  2. À quoi penses-tu quand tu te masturbes ?

    Quand je ne suis pas en bonne santé (physique ou psychologique), je me concentre sur un corps nu qui m'excite (parmi ceux que j'ai « connus, » ou parmi des acteurs de cinéma). Le reste du temps, à tout et à rien, le plaisir n'a pas besoin de support pour prendre forme. Dans certains lieu, au fantasme correspondant au lieu.

  3. T'es-tu déjà masturbé devant quelqu'un ?

    Non. Quand il y a quelqu'un et que la situation est sexuelle, généralement chacun masturbe l'autre (et sinon c'est autre chose).

  4. Te masturbes-tu vite pour avoir un orgasme, ou en cherchant d'autres plaisirs ?

    Quand c'est vite, c'est pour l'orgasme. Souvent, quand c'est avant de dormir, c'est pour le plaisir de m'endormir détendu (ma première passion, c'est le sommeil, et alors l'orgasme est juste le moyen de profiter mieux après). Le matin, c'est pour me détendre si la journée s'annonce stressée.

    Souvent, je me caresse en lisant, et au détour d'un chapitre le plaisir part sans que j'aille plus loin.

  5. Parles-tu de masturbation avec des gens ?

    Quand l'occasion s'y prête. Ça ne me dérange pas, mais je fréquente beaucoup de personnes que ça gêne d'en parler en public. En privé, ça vient de temps en temps, mais pas plus que la foultitude d'autres sujets de conversation intéressants aussi.

  6. Est-ce-que tu te donnes du plaisir anal ?

    Oui, quand je suis détendu et que j'ai du temps.

  7. Main droite ou main gauche ?

    Plutôt droite, mais gauche de temps en temps quand j'utilise la droite pour me caresser.

  8. Lieux/ situations excentriques ou toujours dans ton lit/ ta douche/ tes chiottes ?

    Les toilettes, seulement lorsque je suis dans un lieu public, semi-public ou étranger (musée, lieu de travail, évenement court chez quelqu'un que je connais peu). La douche, souvent, parce que ça alimente un de mes plus puissants fantasmes. Le lit, quand je peux, parce que c'est ce que je préfère (surtout quand je peux dormir après). Quelques fois, dans la « nature, » c'est-à-dire dans un environnement essentiellement végétal (au fond d'un jardin, dans une forêt, etc.), le but étant de me sentir seul animal en train de jouir au milieu de formes de vie qui n'en ont rien à f...re et surtout sont incapables de comprendre ce que je ressens.

  9. Utilises-tu des accessoires pour pratiquer ton auto-érotisme ?

    Pour la stimulation anale, il y a Ken. Ken, c'est mon godemichet : un vit en silicone transparent.

  10. La douleur fait-elle partie de tes jeux sexuels ?

    Rarement. Je l'utilise essentiellement pour bloquer un orgasme qui vient trop vite (en me pinçant la cuisse).

  11. Plutôt sur le dos ou sur le ventre ?

    Debout dans la douche, couché la plupart du temps sinon, sauf quand je suis censé être en train de dormir avec plusieurs personnes dans la pièce, auquel cas je me frotte doucement avec mon pyjama, allongé sur le ventre.

  12. Quel est ton fantasme du moment ?

    J'hésite entre le soixante-neuf ou l'auto-fellation.

  13. Alors, ça fait quoi de rompre le tabou ? Gêné ?

    Quel tabou ? Je serais gêné si l'avis des gens avec qui je discute de ce genre de choses avait suffisamment d'importance pour pouvoir influer sur mon comportement (je suis content de mes pratiques, je n'aimerais pas qu'elles rentrent en conflit avec avec les opinions des gens que j'apprécie pour cela). Or, en ce moment, ce n'est pas le cas.

Voies secondaires

C'est quand même un comble qu'il faille lire un manuel de présentation de la culture française à l'usage des nord-américains pour enfin avoir un aperçu synthétique et compréhensible de la guerre d'Algérie et de l'importance de De Gaulle en France à la fin du XXe siècle.

Ça m'a donné l'idée d'établir une liste des pays peuplés essentiellement d'aborigènes, c'est-à-dire d'un peuple dont on ne sait pas déterminer s'il était ailleurs avant d'être là. De tête, sans trop réfléchir, je vois :

  • l'Italie ;
  • la Thaïlande ;
  • le Japon ;
  • la Chine ;
  • la Turquie ;
  • l'Inde ;
  • les pays centre-africains ;
  • un certain nombre de pays du moyen-orient (Syrie, Iraq, Iran, Pakistan) ;
  • le Groënland ;
  • l'Égypte.

La France et l'Espagne sont à la limite, pour des raisons d'invasions barbares.

Et pour ceux qui n'y sont certainement pas :

  • l'Australie ;
  • les U.S.A. ;
  • le Brésil ;
  • le Canada ;
  • la Grande-Bretagne ;
  • l'Allemagne ;
  • les pays scandinaves.

Conclusion rapide : les pays considérés les plus riches sont habités par des peuplades initialement barbares ou assimilables.

Point pouce et pause

Hier, soirée romantique et sexe.

Ce soir, cinéma, tout seul, pour me détendre : les « Indéstructibles, » qui auraient mieux fait de se faire appeler les « Incroyables » comme dans la version originale. Très rafraîchissant, ce film m'a fait beaucoup rire sans provoquer quelque forme de rejet que ce soit.

Aujourd'hui, j'ai commencé à penser à samedi. Le week-end va être long.

Mon chat est sur mon ventre, chaud, et je suis fatigué.

Donc dodo.

2004-11-23

Dur dur

La semaine prochaine, formation à Lyon.

Il faut que je prépare les supports, sachant que ma semaine est déjà chargée.

Le problème de raconter ses « premières fois, » c'est que ça oblige à prendre du recul et de scruter ses souvenirs rétrospectivement. Et c'est triste, parce qu'en fait je n'ai jamais été amoureux depuis la première fois. Enfin, en tout cas pas aussi intensément, ce qui m'empêche de donner de l'importance aux relations qui ont suivi, alors qu'elles l'étaient bien (importantes).

Peut-être suis-je désormais voué à vivre une succession de relations superficielles sans lendemain, polluées par l'exigence d'émotions aussi fortes que je sais qu'elles peuvent l'être.

Projet collectif : "La première fois"

La première fois que j'ai porté une robe, j'avais six ans. Ou peut-être sept. C'était à l'occasion du mardi-gras du Lycée Français de Lomé, et j'avais émis le souhait d'avoir un déguisement plus original que tout le monde, et quand j'ai vu une perruque de ma maman j'ai immédiatement demandé à me déguiser en fille. Avec son entière participation, je me suis fait grimer (fard, rouge à lèvres, mascara) et habiller (une robe verte, des chaussures à petits talons). J'avais un des meilleurs déguisements de la cour de récréation, et entre quelques rires j'arrivais à sentir que beaucoup des autres élèves étaient jaloux, ce qui m'a fait beaucoup plaisir.

La première fois que j'ai fait un rêve érotique, j'avais onze ans. Dans ce rêve, j'avais été convoqué avec le reste des garçons de ma classe dans un lieu spécial pour une visite médicale tout aussi spéciale. La première partie de la visite consistait à nous déshabiller et nous assoir dans des baignoires individuelles montées sur un tapis roulant qui emmenait les baignoires dans une autre pièce en passant par un couloir (imagerie empruntée à un épisode de Yoko Tsuno, les Titans je crois). Au milieu du couloir, un robot automatique vérifiait à chacun notre capacité à entrer en érection (un phénomène qui me fascinait alors, sans que je sache à quoi cela pouvait servir). Ensuite, les baignoires arrivaient dans la deuxième pièce et nous devions prendre une douche collective puis insérer notre pénis dans un autre robot, que je n'ai su décrire que bien plus tard : concept du « glory hole. » Et je me réveillai, en érection évidemment. Plusieurs fois ensuite, j'ai réutilisé ce rêve comme excitant.

La première fois que j'ai embrassé une fille, j'avais douze ans. C'était une voisine, et nous jouions au couple depuis quelques jours. Un après-midi, nous étions allés dans sa chambre pour jouer et nous nous sommes amusés à transformer le double lit superposés qu'elle partageait avec sa sœur en caravane de far-west américain. Et avec la participation de mon frère qui jouait au cocher en faisant des bruits de chevaux à l'étage, nous nous sommes enlacés, et dans la continuité naturelle du geste avons joint nos lèvres. J'étais excité, mais pas sexuellement. Deux jours après, notre jeu s'est arrêté avec une rupture.

La première fois que je me suis branlé, j'avais quatorze ans. Le jour précédent, un garçon de ma classe avait mimé la masturbation en séance de sport, en frottant avec ses deux mains sa cuisse en suivant le geste caractéristique. En me levant le matin, devant l'érection matinale, j'ai répété le geste par curiosité, sans savoir à quoi m'attendre. Ce qui devait arriver arriva, et j'ai su exactement de quoi il s'agissait au moment où j'ai ouvert les yeux après ce prototype d'orgasme. C'était une découverte agréable, aucunement perturbée par des complexes ou des interdictions (j'ai eu la chance d'avoir été élevé jusque là dans un environnement totalement asexuel). Du coup, j'ai réitéré dès le lendemain, puis le jour suivant, et encore le jour suivant, en prenant bien soin à chaque fois de ne pas me faire repérer (il s'agissait plus pour moi de cacher cette sympathique découverte à mon frère dont j'étais jaloux que de me cacher moi), et ensuite la masturbation est restée ma seule activité sexuelle pendant cinq ans.

La première fois que j'ai eu une « relation » avec une fille, j'avais dix-neuf ans. Je l'avais rencontrée quelques mois auparavant sur un canal IRC de ma ville, et nous entretenions une conversation pseudo-romantique tantôt sur IRC, tantôt par téléphone. Elle était française, mais habitait à Barcelone où elle enseignait la musique (j'étais à Aix). Je pensais ressentir quelque chose de fort pour elle, mais l'expérience et le recul m'ont ensuite appris qu'il s'agissait d'un transfer psychologique. Un soir, elle m'a provoqué en me disant que même si nous le voulions, il n'était pas possible de se voir. Le lendemain matin à la première heure, j'avais mon billet pour Perpignan (situé à peu près à mi-distance) et je l'appelai pour la prévenir. Surprise (elle ne s'y attendait pas), elle ne s'est pourtant pas faite prier et m'a rejoint à l'arrivée de mon train, vers quatorze heures. Nous avons visité la ville ensemble en discutant (nous nous racontions chacun un morceau de notre vie), et il était entendu que ne pouvant rentrer chez moi le même jour, nous logerions sur place. Au moment d'enregistrer la chambre d'hôtel, elle m'a lancé : « alors, ce soir, tu vas refaire ta vie, » ce que je n'ai alors pas compris et donc pas relevé. Le soir même, elle m'enlevait ma virginité avec dextérité (ses vingt-neuf ans lui apportaient toute l'expérience nécessaire), et le lendemain elle me remit dans le train pour rentrer. Entre le moment où je suis parti de Perpignan et le moment où je suis revenu au lycée le lundi suivant, il y a un gros blanc, à l'exception d'un instant de lucidité dans le train où je me suis rendu compte successivement que j'avais perdu ma virginité, qu'elle m'avait utilisé (d'une manière agréable, certes, mais tout de même), et que ce type de rapport sexuel ne me plaisait pas. Quelques jours après, elle m'a fait part avec nervosité de sa décision d'effacer les relations via Internet de son existence, mise en application immédiatement, et que je n'ai comprise que bien plus tard.

La première fois que je suis tombé amoureux d'un garçon, j'avais vingt-et-un ans. Contexte : une école d'informatique, aucune vie sociale ni sexuelle auparavant, peu d'amis avec qui discuter de tout, des parents absents. Une série d'inhibitions et d'ignorances culturelles m'empêchaient d'identifier ce que je ressentais pour le jouvenceau, avant que cela ne prenne des proportions considérables. Un tiers s'est alors chargé de m'accompagner dans des discussions philosophiques qui parlaient de tout et surtout de ça, et c'est au cours d'une de ces discussions qu'il a exprimé ce que je n'arrivais pas à exprimer tout seul, à savoir que j'étais amoureux du monsieur. Et ce, au milieu d'un attroupement, qui a accepté le fait avec beaucoup d'indifférence, provoquant ainsi ma première rencontre avec ma propre homosexualité, mon premier coming-out (le seul, car puisque le fait avait été établi et m'avait été présenté en public, il n'y avait plus rien à faire « sortir » parla suite), et mon premier échec amoureux : la conclusion de cette discussion était que posé dans ces termes, ce que je pouvais ressentir n'était évidemment pas partagé ni extensible (l'autre est hétérosexuel et à cette époque me trouvait pathétique). Et ce fut aussi le début de ma première dépression nerveuse (l'édifice de certitudes accumulées s'écroulait d'un coup, et je me rencontrai moi-même pour la première fois), qui a duré jusqu'à ce que je devienne assistant à l'EPITA.

La première fois que j'ai dragué un garçon, j'avais encore vingt-et-un ans, quatre mois après le début de ma dépression nerveuse. C'était sur l'Internet, via le site pagay.com. Le but était de me renseigner, d'expérimenter, et surtout d'apprendre simultanément à draguer et ce qu'était l'homosexualité appliquée. Ça s'est bien passé et nous avons vécu quelques scènes agréables dans ma mémoire (première promenade romantique dans un parc, première promenade romantique nocturne sur le toit de la cathédrale de Notre-Dame, première sortie en club de nuit — le Scorp, à l'époque où il s'appelait encore comme ça — avec l'intention de profiter visuellement du corps des pédés en présence, premier baiser avec un garçon, premier contact avec le corps nu d'un garçon, premières masturbations étrangères, premières fellations). Mais nous n'avions presque rien en commun, et nous étions géographiquement éloignés, donc il a émis le souhait de ne pas continuer ; ce qui ne m'a pas dérangé outre mesure, puisque l'expérience avait été déjà suffisamment fructueuse et enrichissante.

La première fois que j'ai désiré le corps d'un garçon, j'avais vingt-deux-ans. Lui en avait dix-neuf. Suite à la recommandation d'une fille qui l'a depuis déséquilibré psychologiquement, il a accepté mes avances et nous sommes devenus amants. Ce fut l'occasion de ma première sodomie, ni très agréable ni totalement désagréable, d'autant plus facile que mon corps était prêt à beaucoup pour le sien. Très vite, il a su qu'il ne me désirait pas et que les relation homosexuelles ne le satisfaisaient pas, mais nous sommes restés très bons amis depuis.

Un pied devant l'autre, et puis on recommence

Hier, j'ai reçu une première partie de ma dernière commande de livres.

J'ai trouvé dans le carton : Cryptonomicon (Neal Stephenson), Sixty Million Frenchmen Can't Be Wrong (Jean-Benoît Nadeau + Julie Barlow) et Digital Retro (Gordon Laing).

Le premier, je le garde pour plus tard : c'est un gros pavé, un assemblage de trois nouvelles, et je n'ai pas le temps de le finir avant la semaine prochaine qui sera chargée. Inutile donc de courir le risque d'être fatigué lundi prochain.

J'ai commencé par le dernier, qui contient comme je l'avais prévu une charge émotionnelle assez forte (tout du moins en ce qui me concerne). Il faudra un jour que j'essaie de comprendre ce qui provoque chez moi cette intensité sensible à l'exposition d'un livre ou d'un film… C'est comme une double sensation formée par la superposition de l'impression de découvrir avec un « système » grand dans le temps et dans l'espace et (pour moi) caché jusqu'alors, et celle de commencer à comprendre son immensité, et… (mode Zee dans Antz) ma propre insignifiance.

Cela étant, ce livre étant essentiellement un recueil de photos commentées, je l'ai vite terminé. J'ai donc continué avec cette étude de la société française à l'usage des nord-américains, réalisée par deux canadiens : un de Québec et l'autre de Montréal.

Plus qu'une étude socio-anthropologique, c'est un manuel explicatif et médiateur, qui permet à chaque « côté » de mieux « comprendre » l'autre. En tout état de cause, c'est extrêmement rafraîchissant, et j'ai chapitre après chapitre la surprise d'y découvrir plein d'aspects de la civilisation française qui m'étaient (à moi) encore totalement étrangères (voire inconnues). Et ce, à tel point que certains de mes conflits intérieurs et paradoxes sociaux sont enfin éclairés et intelligibles, me soulageant d'un gros fardeau relationnel : par exemple, l'équilibre introuvable entre le souci d'égalité et de démocratie et la tolérance aux privilèges, aux élites et à l'exception de traitement ne l'est pas seulement pour moi, son absence semble un fait fondamental de notre culture.

Et sinon, sur un autre plan, j'ai trouvé un module pour XMMS — xmms-cueinfo — qui permet d'afficher le détail de chaque partie dans les mixes de dj GT et dj Doboy téléchargés récemment. J'ai enfin un outil correct pour procéder à la prochaine étape de mon étude du sujet, c'est-à-dire savoir repérer quels sont les parties qui me plaisent et en apprendre le titre original.

2004-11-21

(pas d'imagination, pas de titre)

Je viens de passer six heures dans mon ancienne école, et probablement que j'y repasserai du temps aujourd'hui, à l'occasion d'un « rush » de projet pour les petits ninges de cette année. Vêtu de mon ancien uniforme, j'ai accompli les trois tâches fondamentales de l'assistant :

  • montrer l'exemple, en me produisant en spectacle à DDR ;
  • assister en C/Unix, en allant aider un groupe à retrouver un bug simple mais gênant, et en aidant un autre à reprendre contrôle de la configuration de son compte ;
  • aider à la logistique, en me chargeant de la cuisson d'un demi saladier de pâte à crêpes.

Je suis rentré chez moi pour prendre une pause et nourrir mon chat ; cela étant, j'ai hâte d'y retourner, pour le luxe des émotions positives provoquées par la superposition entre cette expérience et mon souvenir de celle d'il y a deux ans.

Cela étant dit, j'ai passé une semaine assez enrichissante.

Fatiguante, car je n'ai pas assez dormi : la nuit de mardi à mercredi fut agitée de cauchemars, celle de mercredi à jeudi était tranquille mais courte (soirée à l'extérieur suivie d'une projection de trois épisodes de Thierry la Fronde), et celle de jeudi à vendredi inefficace car passée dans un demi-sommeil (partage entre la nécessité de dormir et celle d'éteindre la lumière et nourrir le chat, deux choses que je ne fis qu'à quatre heures du matin, mais après en avoir passé huit à m'empêcher de dormir convenablement afin de ne pas les oublier).

Les journées se sont toutes déroulées de la même façon, c'est-à-dire avec un démarrage raide le matin, six heures d'activité d'enseignemenet debout en parlant, et deux heures de transports en communs.

Épuisante, même.

C'est pourquoi quand j'ai enfin réussi à m'oublier dans un lit confortable dans un endroit tranquille, hier soir chez ma maman après avoir discuté avec elle jusqu'à une heure tardive, j'ai pu aligner presque douze heures de sommeil, complétées de trois heures de farniente à demi éveillée et occupée à jouer à Loom (LucasArt Productions).

Il est l'heure que j'aille m'occuper de mon chat, un peu.

2004-11-17

J'ai mal.

Pour plusieurs raisons.

La première : je viens de finir Flash, de Charles Duchaussois, et mon moi intérieur vibre de malaise devant la douleur qui suinte de ce texte.

La seconde : il est presque minuit, et je sais que j'ai besoin des dix heures de sommeil que je m'étais octroyées hier pour compenser les épuisantes journées de formation que je donne jusqu'à la fin de la semaine (chez Bull, à St-Ouen, pour un ministère).

La troisième (qui a provoqué la première, donc la seconde en corollaire) : la personne avec qui je pensais partager des atomes crochus ne donne pas signe de vie, suite probablement d'un différend entre nous dimanche où il est apparu très concrètement que nous n'avions pas du tout la même manière de considérer notre existence ; qu'il y avait donc des doutes possibles sur la concordance de nos opinions respectives sur notre relation. Tout est-il qu'il ne m'a pas contacté ce soir comme il m'avait indiqué qu'il le ferait, hier (il me dit même qu'il viendrait me visiter), et que c'est extrêmement désagréable.

La quatrième (résultante des trois premières) : j'ai faim. Je ne veux pas manger (l'acte de me nourrir me répugne ce soir), mais j'ai faim. Et je n'ai pas le courage ni le désir de me lever pour me descendre une dose de vodka.

La cinquième (qui a probablement conditionné la troisième) : je perds ma fierté personnelle. De plus en plus, je me plie au rythme de mon travail (métro, boulot, dodo), je trouve un intérêt ponctuel et immédiat aux tâches qu'on m'affecte, même si globalement tout ce domaine d'activité m'indiffère ; bref je faiblis, je deviens transparent et soumis à une suite de tâches élémentaires que j'arrive même à trouver indispensables. C'est nul, il faudrait que je casse le rythme, que je le viole sauvagement dans un instant de folie, comme je le fis en cette veille salutaire de Saint-Valentin.

Le hic, c'est que je ne me vois pas faire cela, seul. Et il se trouve que seul, je le suis ces derniers temps. Certes, pas autant que je le fus dans le passé, un passé pas si lointain d'ailleurs tant les souvenirs désagréables me hantent encore parfois, mais suffisamment pour regretter les deux mois fastes qui viennent de se dérouler. Car j'ai décidé, pour un ensemble de raisons plus ou moins bonnes mais toutes autant valides car venant de mon moi propre et inattaquable, de me détacher de certaines personnes que je fréquentais ludiquement fut un temps, mais avec qui je me sentais régulièrement trahir mon besoin d'authenticité dans les relations.

Du coup, avec le peu qui reste, et dont je n'ai pas vraiment de garanties que je vaut pour elles ce qu'elles valent pour moi, j'ai beaucoup moins d'occasion de fêter en soirée ; me voilà donc à rentrer chez moi chaque soir, à laisser filer les heures dans mon lit, tantôt devant Vodka-Pomme et tantôt dormant, en attendant le lendemain et les heures de travail salvatrices parce qu'elles occupent l'esprit.

Mais surtout, du même coup, j'ai moins en semaine le désir ardent de rencontrer untel ou unetelle le week-end venu, et le moindre empêchement de part et d'autre me fatigue, me fait paresser, et me laisse traînant dans mes rapports sociaux en attendant que le temps passe. Et donc, (trop) peu de motivation pour un événement extra-ordinaire, quelque chose qui me fasse plaisir autant que me couper de mon rythme. Parce que la motivation, elle n'est là que si elle peut être là pour quelqu'un, et pour l'instant, même si c'est déplorable de le dire comme ça, je ne vois personne.

Ces choses étant dites, il y a quand même le bon côté des choses.

Tout d'abord, j'ai passé un assez bon week-end.

Ensuite, ces formations réveillent en moi une fibre d'intérêt très aigu, celle de la pédagogie, et j'en suis fort aise. Car ça me confirme que je ne serai pas perdu avec moi-même quand j'arrêterai définitivement l'informatique professionnelle, ce qui arrivera probablement plus tôt que ce qu'il faudrait à mon porte-monnaie.

Et puis, devant le constat de ma lassitude et de ma dégradation humaine (car on est moins humain, soumis), je cherche une solution.

Il y en a une, radicale, que je réserve pour le dernier recours : partir. Même pas forcément loin, mais en tout cas hors de France. Le problème immédiat, c'est que j'ai la flemme de partir et affronter la reconstruction d'une existence sans avoir tenté d'user auparavant toutes mes cartes ici. Les cartes, celles de trouver mon compte dans un écheveau de directions d'existences possibles, car il y en a quand même tout un tas que j'ai beaucoup travaillé à diversifier ces derniers mois. Donc j'étudie, j'examine, je compare, pour éliminer tour à tour les choix trop « rationnels, » trop « conventionnels » voire simplement trop « banals » pour moi. Et je ne garde que ce que ma lucidité n'arrive pas à classer, car c'est la condition pour que je puisse considérer une idée comme authentiquement originale et pas « prédestinée. »

Cette idée bizarre, je la tiens d'une discussion que j'ai observée il y a quelques temps : tous les actes voulus sont irrémédiables, il n'y a pas de liberté dans l'intention. Qu'est-ce qui m'empêche de prendre un couteau et de tuer ma colocataire de sang-froid ? Rien de spécial, mais rien n'empêchera ensuite la police de m'emmener et de m'enfermer en prison. L'alternative, qui est le prix à payer par un choix pour être considéré libre, n'existe pas pour les gestes de la vie quotidienne. D'où l'affirmation selon laquelle nous ne sommes pas libre de choisir l'existence que nous menons. Ce n'est qu'une illusion de liberté.

Ce discours, en fait, m'a beaucoup marqué. Mais il existe un aspect de la discussion qui n'a pas été très bien traité, et sur lequel je souhaite mener une expérience : bien qu'il n'y aie nulle liberté sur l'issue d'un choix volontaire (tuer ma voisine, condamner un criminel), qu'en est-il des petits événements incidents qui ne sont pas d'importance première dans la suite de choix de l'existence ?

Pour cela, j'ai fait un test : un jour, comme chaque jour, j'allais travailler, et bien que dans ma tête je me donnais l'illusion d'avoir le choix d'aller travailler ou pas, il était certain, comme l'explique le raisonnement ci-dessus, que j'irais tout de même travailler.

Pourtant, j'ai violé le protocole : j'ai réalisé ce trajet conscient de son déterminisme, et j'ai profité de ce moment pour décider de ne pas prendre de petit-déjeûner ce matin-là, comme je le faisais d'habitude. Cela peut sembler simple et vain, à premier abord, mais en fait je savais les conséquences que cela allait avoir sur ma journée : un matin difficile, embrumé, affamé, un repas pris trop vite pour calmer la faim et donc un après-midi difficile aussi car rongé par les maux digestifs. C'est ainsi qu'en faisant un choix complètement arbitraire sur un phénomène incident à ma direction principale, j'ai pu avoir une influence que je considère libre (car rien ne m'empêchait de prendre mon petit-déjeuner ce matin-là) sur le cours de ma journée.

C'est le même phénomène qui s'est produit quand je me suis auto-félicité après un certain vendredi fameux il y a plusieurs semaines : le protocole était de rentrer à mon bureau après l'exploit, j'avais l'illusion du choix entre cela et rentrer chez moi et ce choix n'était qu'illusoire, mais j'ai décidé incidemment de franchir la porte de la bijouterie sur le chemin du retour, alors que a priori rien ne m'y incitait (et ne m'empêchait) : libre, encore une fois.

Enfin, du moins le perçois-je, et cette impression de liberté-là est beaucoup plus satisfaisante que l'autre, désormais entachée du raisonnement qui m'a tant marqué.

Et grâce à cela, je vais réaliser des expériences, voir si je ne peux pas en profiter pour créer cet imprévu dont mon existence a besoin en ce moment.

2004-11-13

Réflexions

Travailler pour gagner de l'argent, ce n'est pas intéressant en soi. Ni pour le travail, ni pour l'argent. Par contre, suffisamment d'argent permet de fêter et de profiter de la vie dignement hors des horaires de travail. Et ça, c'est bien.

Ce qui serait mieux, ce serait d'avoir plus de temps hors du travail pour fêter. Donc moins de temps de travail. Le problème, c'est qu'avec plus de temps de fête, il faut plus de moyens pour faire la fête. Donc ça veut dire que le mieux serait de travailler moins en gagnant plus.

Le corollaire, c'est évidemment que travailler peu, c'est bien, mais seulement à la condition d'avoir les moyens de remplir agréablement tout le temps disponible.

Ah, et puis il y a à nouveau de l'Absolut et du champagne dans mon frigo. Ça aussi, c'est bien.

2004-11-12

Exercice

Ce qui est difficile avec les mixes de plus d'une heure, c'est que quand il y a un bout agréable, c'est difficile d'y faire référence par la suite.

Là par exemple, j'écoute le volume 27 de Trancequility, et le bout que j'aime bien se situe à environ 1h05 après le début. Si je regarde le descriptif, ça doit tomber sur Song for the Ocean, mais je n'en suis pas trop sûr.

Ce qui me fait dire ça, c'est qu'il y a un bout similaire dans Voices of Summer 2003 - Moonshine, dont le descriptif mentionne le même titre pour la période correspondante… Enfin, à peu près.

Grrr, l'incertitude m'énerve.

Lassitude

Comme prévu, j'ai fini ce bouquin : les deux trajets nécessaires pour un repas-business à Nanterre ont suffit pour dévorer ce qui restait de ce matin.

C'est très dur, parce que jusqu'à la dernière page on a l'impression que tout va aller mieux, qu'elle va finir mariée avec un prince charmant et avoir plein d'enfants, puis la page d'épilogue se charge de tout détruire, froidement, rapidement, irrémédiablement.

Là tout de suite, j'ai envie de parler avec quelqu'un, qu'on me serre très fort pour me réchauffer.

Alors, en attendant ce soir, je vais travailler, pour oublier.

Aujourd'hui, c'est DJ Doboy, pour changer un peu de dj GT et di.fm.

Lecture

J'ai commencé ce matin la lecture de L'herbe bleue, mon premier livre écrit part un(e?) auteur anonyme.

Tantôt irrité par le ton puéril de la narratrice, tantôt étonné par la richesse de ses émotions, voire un peu pincé par sa réaction contre Richie et Ted, j'ai accroché à cette lecture en escalier, qui sera probablement terminée ce soir.

2004-11-10

Youpi :)

J'ai été augmenté.

Par ailleurs, je me suis commandé 6 autres bouquins :

  • 0886773520
  • 0886774268
  • 0886774012
  • 0060512806
  • 078214330X
  • 1402200455

Je prévois qu'en ajoutant ça à mes dernières acquisitions j'en ai pour environ un mois de lecture.

2004-11-09

Étoiles

Plein de questions. Des sujets de réflexion posés avec une formulation simple.

J'adore ce bouquin.

Et le plus intéressant dans une question, ce n'est pas de la prendre telle quelle et d'essayer d'y répondre, c'est d'envisager les motivations de la personne qui la pose, les oppositions potentielles entre les diverses réponses qu'on peut y apporter, les raisons du choix de formulation, les conséquences connexes du processus réflexif qui amène une réponse, et toute cette sorte de choses.

Ce n'est pas un tas de questions, c'est un tas de question multidimensionnelles, qui m'ouvre un champ réflexif dont je ne vois pas encore les limites.

Chouette, un peu d'exercice intellectuel pour les six prochains mois.

Gala des 20 ans de l'EPITA

C'était une belle fête.

Hôtel Sofitel St-Jaques, Paris, vendredi dernier, le même endroit que celui où s'est déroulée ma remise des diplômes.

En début de soirée, un colloque du Pr. Godet, sur « le choc démographique de 2006. » Un discours néo-libéral tranchant, cynique, discutable mais bien construit. Selon lui, la reprise appartient aux entrepreneurs : l'humanité avance par l'activité des hommes, et celle-ci se suffit à elle-même. Il m'a assez vite fatigué, mais j'ai tout de même retenu qu'il y aura plein de vieux à nourrir bientôt, et que ce sera pour la pomme de ma génération.

Petite pause rafraichissante, puis deuxième partie de soirée : une séance intense d'auto-congratulation entre l'administration et des anciens de l'école, une séance amusante quoique pas très intéressante.

La suite était beaucoup plus réjouissante : un petit cocktail avec un service de champagne à volonté, accompagné d'un concert de Jazz (suffisamment discret pour ne pas gêner) et suivi par la soirée dansante. C'était une belle occasion de socialiser avec plein de gens, de se raconter les souvenirs de guerre et de renouveler certains liens.

Je n'ai bu que du champagne, en quantité, et mangé peu : ce qu'il faut pour profiter au mieux de la nuit, mais le réveil le lendemain fut difficile.


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