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Entries For: March 2005

2005-03-30

Que la peste emporte les transports publics

Les deux trains normalement programmés entre minuit et une heure qui auraient pu me ramener chez moi n'étaient pas programmés ce soir. Me voilà donc sans lit, mais heureusement non sans toit, pour une nuit. Je voudrais tenter de la mettre à profit pour réaliser des choses utiles, mais déjà la fatigue me gagne.

En descendant la rue Lafayette en rollers, je me suis observé avec recul et j'ai constaté qu'il ne se passait pas une fin de journée depuis bien longtemps sans que je pense à quel point mes journées sont décevantes et que mon existence est incomplète, alors que chaque matin je me lève avec un état d'esprit neuf où tout me semble possible et où je peux compter sur la durée de mon avenir.

De deux choses l'une : soit je n'ai pas les idées claires le matin, soit il se passe quelque chose entre le matin et le soir que je devrais regretter.

Ou peut-être les deux.

Ou peut-être n'est-ce qu'une seule et même illusion : la nuit efface la lucidité acquise la journée pour la remplacer par le courage de l'ignorant (amnésique) bienheureux du matin.

Cela dit, ce soir je suis allé voir la quatrième femme de ma vie et j'étais content de la voir. Surtout qu'elle a l'air d'aller bien et que c'est chouette. Des sorties en perspective pour quand je reviendrai.

2005-03-29

-1 partout

Quand un responsable de projet prend une décision qui favorise une issue « pratique et immédiate » au lieu de la solution « élégante et pérenne, » ça fait apparaître des tensions.

Pour moi, c'était prévisible. Je n'ai jamais vraiment aimé OOo, et je sentais depuis longtemps qu'on arriverait à ce genre de situation.

Du macroscopique et du microscopique

Lorsque un être humain tente d'expliquer à un autre au travers de paraboles non-euclidiennes et beaucoup d'impersonnalité qu'il ne sait pas (sa)voir qu'un miroir a deux faces et qu'on ne voit pas d'un côté ce qu'on voit de l'autre, le deuxième être humain se fatigue d'avoir à entendre cette explication alors que l'essentiel de son passé proche a été hanté par l'analyse de la constitution du revêtement d'argent qui fait d'un miroir ce qu'il est.

En d'autres termes, mu.

Dans les yeux de la première femme de ma vie, je vois la lassitude, la fatigue et la douleur, en un mot la vieillesse, là où je voyais autrefois un bienveillant espoir.

Dans les yeux de la deuxième femme de ma vie, je vois la froideur, le matérialisme et le pragmatisme, là où je voyais autrefois le rêve, la liberté et l'émerveillement perpétuel.

Je n'ai pas vu depuis longtemps les yeux de la troisième femme de ma vie, mais elle m'a déjà fait savoir qu'elle ne pensait dorénavant plus toutes les bonnes choses qu'elle a pu me dire pour que j'aille mieux à une certaine époque.

Je n'ai jamais vu autre chose que la détermination et la conscience de la réalité dans les yeux de la quatrième femme de ma vie, mais elle a mis devant les miens le masque qui permettent d'atténuer la douleur d'un esprit torturé : la vodka et le champagne.

C'est au travers de ce masque que j'ai pu apprécier, longtemps après l'avoir rencontrée, ma musique désormais préférée. Non pas parce qu'il altère ma manière de percevoir, mais parce qu'il réussit à m'apaiser suffisamment pour que la musique m'atteigne. Et ensemble, les deux agissent l'un sur l'autre comme un catalyseur pour mon bien-être.

Ce masque, à défaut d'un meilleur, je le respecte : avec ses défauts, il est tout de même utile, et déterministe et prévisible dans son utilité. C'est juste plutôt dommage que les moeurs de nos jours voient dans sa promotion une image négative, alors qu'il ne s'agit pour moi que d'un moyen de montrer ce qui m'aide à quiconque semble, à mes yeux, souffrir d'un mal que j'ai peut-être connu.

Et pour en finir avec les messages subliminaux, je dirais que découvrir que le voile blanc est bordé par un fil noir après le mariage est généralement plus apprécié que le savoir d'avance et oublier de dire « oui » sincèrement au mari pendant la cérémonie tant l'attention est focalisée sur cette ombre au décor.

2005-03-28

Aide-mémoire

Quand la station de métro est en courbe, le message suivant est diffusé dans la rame de métro suédois :

Tänk på avståndet mellan vagn och platform, när Du stiger av.

Voilà, c'est dit. Je l'avais oublié et m'en souvenir me grattait la mémoire depuis trois jours.

Hop, encore un

Ce matin, réveillé par un cauchemar.

Long, aussi.

C'était séparé en deux parties : dans la première, j'organisai un déménagement (je ne sais plus de quel logement) et je vidai un logement dans une remorque en bois ayant servi autrefois à transporter des bottes de paille. Après un tour dans des ruelles d'une ville très peuplée, mon père qui servait de chauffeur décida de faire une pause pour manger et boire, et s'endormit. Après avoir attendu un peu qu'il se réveille dans le restaurant, je regagnai le logement vide pour nettoyer un peu. Je m'y endormis d'épuisement, et le lendemain matin je me réveillai avec toutes les affaires emportées la veille réunies autour de moi, avec un mot écrit de la consistance suivante : « je devais rendre la camionette, on fera le déménagement plus tard. » Ulcéré par la dépense d'énergie inutile (c'était moi qui avais porté tout sur la remorque initialement, et j'étais fatigué d'avance à l'idée d'avoir à le refaire), je partis me promener pour prendre l'air.

Deuxième partie.

Pas de chance, dans les rues il y avait une guerilla. Les bombes explosaient, les bâtiments tombaient en ruine, des incendies ravageaient de grandes constructions en bois. Et des tireurs d'élite cachés et furtifs (se déplaçant rapidement quand je les repérais) tentaient de me tirer dessus.

Je me suis réfugié dans une cour intérieure, dans un jardin dont j'ai une image extrêmement précise en tête (bordé par une haie végétale d'un côté, une petite barrière en pierre de l'autre, avec du mobilier de jardin disposé au milieu — une fontaine et une ancienne table — et une maison derrière, apparemment fermée puisque dans la suite de la scène je ne m'y suis pas réfugié. Dans le jardin, il y avait des gens qui se défendaient (ou défendaient le jardin, je ne me souviens plus bien) et que je connaissais pour les avoir croisés pendant mon déménagement sus-cité et avoir décliné leur offre de m'aider à transporter les affaires. Après de courtes paroles de politesse, je me réfugiai derrière un muret pour me protéger d'une salve de mitraille. Et après quelques instants, l'assaut a commencé. Plus précisément, contre moi.

decorDes coups de feu se sont laissés entendre, et j'ai vu des impacts créés autour de moi. Sur l'invitation polie mais urgente d'un de mes cojardiniers, je me déplaçai derrière le muret extérieur du jardin, protégé de la maison par l'ancienne table disposée au milieu. À ce moment, un trou dans le muret me laissa voir un tireur d'élite apparaître de l'autre côté et pointer son arme vers moi. Je roulai sur le côté gauche pour me mettre hors de sa portée, mais dans le mouvement je m'exposai aux tirs depuis la maison, et deux impacts apparurent sur mon côté gauche. Je traversai en courant le jardin pour m'abriter du côté de la haie végétale, sous un angle qui me protégeait des tireurs derrière le muret et de la maison. Après un bref moment de répit, des tireurs se réunirent sur le bâtiment de l'autre côté de la rue et tirèrent au travers de la haie végétale, manquant de peu de m'atteindre. Commençant à paniquer, je me réfugiai derrière l'ancienne fontaine, mais en m'exposant à nouveau aux tirs depuis la maison. De fait, d'un rapide mouvement accroupi, je me déplaçait à nouveau dans l'alignement de l'ancienne table de pierre, pour éviter les tirs depuis la maison et ceux de l'autre côté de la haie végétale. Mais en fait, la largeur de l'ancienne table était à peine suffisante pour masquer mon corps depuis la haie végétale, et un tireur placé juste derrière celle-ci put me mettre en joue. Un rapide mouvement de hanches permis à la balle destinée à mes jambes de ne traverser que mon pantalon, mais je hurlai de douleur quand même pour faire croire au tireur qu'il avait atteint son but et éviter qu'il ne recommence. Hélas, ce cri informa les autres tireurs placés derrière le muret de ma position, et j'en vis apparaître un de chaque côté de moi, en plus de ceux placés de l'autre côté de la haie et de l'autre coté de la rue.

À partir de là, la suite est assez désordonnée : je me levai puis en courant traversai la rue pendant que tout le monde me tirait dessus. Et je me suis réveillé.

Irritation

Entre icelle qui fane un visage d'ange et y ôte un sourire joyeux pour le remplacer par le masque de la fatigue et du renoncement, sous couvert d'une implication prématurée dans une vie de famille, et l'autre qui honore la rigidité du carcan familial en imposant un baptême, clef de l'église pour la cérémonie, à son futur mari, j'ai ce soir deux raisons très présentes dans mon esprit de nourrir ma misogynie latente et mon cynisme anti-familial.

Hier était un jour où j'ai ressenti de la peine en voyant un gen bien incapable de remettre en question la différence entre l'effet et les motivations d'une loi.

Aujourd'hui était un jour où après avoir ressenti beaucoup de plaisir immédiat à regarder Hitch - Expert en séduction en compagnie agréable, j'ai été piqué par la réalité d'une vie autour de laquelle se sont fermés des barreaux solides juste après que ses yeux aient aperçu l'infinité des choses à découvrir au-delà.

Demain sera un autre jour, mais la nuit sera longue et riche en pensées néfastes… Même si je sais désormais comment les chasser (vodka, trance) ou les relativiser (en pensant aussi à toutes les choses agréables que je peux observer ou rencontrer), je suis de plus en plus irrité d'être harcelé de la sorte, désormais presque tous les jours.

En fait, il y doit y avoir quelque chose de fondamentalement inachevé dans mon passé, et mon subconscient est en train de me pousser à y penser, d'une manière désagréablement alambiquée. Je vais étudier la question.

2005-03-26

Cœur de Savoie

Nous sommes sur la route du retour. Mon regard s'accroche aux panneaux de signalisation presque tous plaqués contre un support en bois, là où ailleurs en France on ne trouve que le métal brossé. Plus l'altitude diminue, plus les maisons en bois aux toits pentus se font rares, mais il y en a encore suffisamment pour finir d'imprimer dans ma mémoire le souvenir des villages de Méribel et Mottaret.

Hier soir, nous avons cherché longtemps avant de trouver un petit restaurant cossu au coin de notre station. Pendant le repas qui fut copieux et goutu, je demandai quel était le meilleur souvenir de la semaine pour chacun, ayant moi-même du mal à décider de la chose. Mais après mûre réflexion, approfondie par l'effet du vin qui commençait à couler dans mes veines, je me suis décidé pour les deux descentes de pistes avec le son de Voices of Summer 2003 — Moonshine dans les oreilles.

Sur ce chemin du retour, en regardant les murs de Méribel défiler sur le côté de la route, j'ai tenté de me figurer le ressenti intérieur d'un habitant local à plein temps. Entre les pentes de la montagne, la neige en hiver, les feuilles mortes en automne mais la verdure des conifères toute l'année, l'absence de bâtiments aux façades bétonnées, l'effet que peut avoir sur le moi intérieur la vue régulière de la croix blanche sur fond rouge de la Savoie ou le cœur tricolore de Méribel.

Je ne suis pas sûr de ce que ça peut être, mais ça doit être chouette, parce que c'est un beau pays.

2005-03-25

Le dernier rayon de soleil du repos

En fait, aujourd'hui il faisait beau, et les quelques précipitations d'hier ont créé une fine couche de neige fraîche en surface. C'était une belle journée, et j'ai skié avec plaisir, pour la première fois depuis le début de la semaine. C'est dommage que ce soit le dernier jour de mes vacances ici.

Fuite dans le rigoureux

Je viens de regarder le film « 40 jours et 40 nuits. » Il ne m'a pas vraiment touché. Quoique, le protagoniste est assez mignon, et son colocataire ressemble à un de mes ex, mais c'est bien tout ce que je peux y trouver.

La journée n'a pas été terrible.

Il a plu presque tout l'après-midi, et je me suis levé tard ce matin. Journée sans ski : je me suis levé pour mettre au point un algorithme de compression par réduction de la transformée de Fourier, pour ensuite faire le ménage de l'appartement, sortir un peu et réfléchir au meilleur moyen de bijeter ℕ² dans ℕ. Ce n'était pas facile, mais j'y suis arrivé :

  N : x,y | x ≥ y ↦ x² + y
  N : x,y | x < y ↦ y² + 2y - x

L'inverse n'est pas triviale, mais je m'en fiche : il s'agissait de me conforter intérieurement dans mon opinion qu'il est possible de créer autant de mémoires d'ordinateur de taille infinie qu'on le souhaite, à partir d'une seule.

Demain, c'est la dernière journée de ski possible. Sauf que je pourrais ne pas skier, tant la neige est mauvaise car mouillée et boueuse.

2005-03-23

Sport d'intérieur et d'extérieur

Je suis retourné skier.

Hier soir, longue conversation qui fit naître quelques tensions négatives. À défaut de m'éloigner du champ des possibles probables, ces moments de discussion m'ont éloigné de mes pensées sordides et ennuyées.

Ce matin, mon corps réclamait de l'exercice, alors je lui en ai donné.

Ce fut l'occasion de découvrir un mode de transport de skieurs analogue au wagon pour bestiaux, un concept absolument terrifiant autant quand on imagine l'assemblage de corps imposé par son remplissage que la promiscuité induite par ce mode de stockage. Non, en fait, ce qui m'a surtout ennuyé avec ces boîtes de sardines, c'est qu'on ne pouvait s'y assoir, et donc qu'il n'était pas possible d'y trouver la pause que devrait habituellement constituer une remontée mécanique.

Aujourd'hui, j'ai rempli mon biberon précieux avec de la vodka-carambar, au lieu de la vodka-pomme comme lundi et mardi. C'est absolument délicieux, quoique un peu écœurant pur... Je tenterai demain d'en absorber avec du lait, je pense que le concept vaut le White Russian. Et sinon, la bouteille de vodka-tagada est presque prête.

À cause du vide intérieur causé par la journée d'hier, mes divagations intérieures m'ont emmené dans des considérations nouvelles. Autour des quelques songes préliminaires inspirés par mon prochain voyage à la Réunion se sont imposés des remémorations d'anciens souvenirs.

Pour le contexte, je dois avouer que cette semaine n'a pas été accompagnée d'une baisse de ma libido, bien au contraire. Mes rêves la nuit sont peuplés de scènes de sexe torride, tandis que mes journées sont plutôt romantiques. Pour combler la solitude de ces vacances, j'imagine chaque jour en descendant les pistes le rêve d'une semaine de vacances au ski organisé pour et avec un(e) amoureux(se) (plus souvent un que une, mais pas exclusivement, pour être précis). Je tente de concevoir quelles seraient mes accomplissements sportifs, mes motivations, quelles idées originales et spontanées me viendraient pour pimenter un séjour à deux, et à quel point je saurais être sensible à de semblables tentatives de la part de l'autre moitié.

Sur le siège des remontées mécaniques, je rêve à un bras qui viendrait se placer sur mes épaules, autour de mon cou. Pendant les arrêts-repos sur les pistes, je m'imagine en train de me réchauffer en serrant un corps dans mes bras, une tête sur mon épaule. Mais aussi, quand au détour d'un virage une bosse me surprend et que les skis se détachent du sol, je m'imagine voir le sourire franc et admiratif de quelqu'un qui me regarde et y fait attention.

Et tout cela, sur les notes de Souchon (les jupes des filles), Piaf (la vie en rose) et Gloria Gaynor (I will survive).

Et donc, dans ce contexte, sont remontés des souvenirs de la période où je suis tombé amoureux pour la première fois, et sur tous mes agissements qui s'ensuivirent. Ce qui m'interpelle le plus aujourd'hui, c'est à quel point j'exhibais tous les symptômes de l'amoureux transi sans m'en rendre compte, et à quel point j'étais déchiré par des désirs dont j'ignorais la nature et donc que je ne savais formuler en demandes explicites. Il me semble de plus en plus inévitable de devoir admettre que j'ai pu aimer sans m'en rendre compte.

Bref, quand je suis rentré, ce soir, j'étais épuisé.

Je suis rentré dans la salle de bain pour m'y ablutir, et après l'opération de décrassage nécessaire je me suis regardé dans le miroir : c'était une catastrophe. Ma tentative de me raccourcir les cheveux avant mon départ était totalement ratée, et ma coiffure est absolument ridicule ; par ailleurs, le rouge des brûlures est étalé inégalement sur la peau de mon visage, de mon cou et de mes oreilles, pour un résultat global absolument risible et repoussant. En somme, le ski m'enlaidit.

De fait, j'ai renoncé ce soir à mes rêves et je me suis laissé aller à étudier les transformées de Fourier et l'altération des valeurs transformées avant de les inverser, pour honorer mon statut indécrottable de geek désespéré.

C'eût pu être d'autant plus facile et agréable qu'au menu figuraient champagne, vodka et crêpes. Le début des crêpes et du champagne, au demeurant, était très bien. Hélas, il se trouve que mes colocataires ont décidé ce soir de regarder le Bachelor, cette émission de télévision dont je n'avais jusqu'alors qu'entendu que le nom. Alors qu'a priori j'étais plutôt curieux de voir comment Ali Baba pouvait disposer à sa guise de ses quarante pouffiasses, la réalité a largement dépassé mes craintes, et ma déprimante consternation désillusionnée concernant ces êtres humains diminués a aussitôt rappliqué et me fit fuir. Entre la cruauté du protagoniste, la stupidité incommensurable de la plupart des rôles et le ridicule de situation omniprésent, j'aurais pu en rire si je ne savais que chacun des acteurs est en réalité un être humain, soi-disant responsable, qui croit vraiment qu'il trouvera le bonheur de sa vie dans le tournage d'une émission. Le pire étant, je m'en rendis compte peu à peu, que la majorité des autre téléspectateurs autour de moi étaient dans un état d'esprit participant au jeu, ce que je trouve plutôt inconcevable sinon assez décevant. De fait, mon écœurement émotif s'est étendu à mon métabolisme, et je suis donc dans l'impossibilité physique de déguster ces crêpes comme elles le méritent.

Bilan annexe, à la simple idée que ce personnage nommé Karl est directement issu des délires pervers d'une production de télévision, je confirme une fois de plus mon dégoût pour cet instrument et le poison qu'il diffuse dans l'esprit des téléspectateurs.

Du coup, je vais dormir, car en pareilles circonstances c'est tout ce qu'il me reste pour reposer mon corps.

2005-03-22

Quand le lit n'est pas confortable…

Cette nuit, j'ai fait un cauchemar. Il m'a tant et si bien perturbé que je n'avais pas le courage de me lever ce matin et qu'une déprime sourde et intense s'était emparée de mon esprit vidé par les vacances.

Le cauchemar fut long et désordonné. Je m'y suis vu dans l'obligation (dont je ne me souviens pas l'origine) d'aller en avion à Bangkok, par un trajet en avion dont je savais au départ qu'il n'était pas possible de voyager dans le sens inverse, pour n'y trouver finalement que la désolation et la pauvreté. Soucieux d'y échapper, je pris un billet pour le seul voyage possible depuis Bangkok, à destination de Tokyo. Arrivé au Japon, le seul départ pour Paris, affrété par Air France pour le retour des visiteurs de la Japan Expo, était prévu pour le dimanche soir, soit le lendemain de mon arrivée. La nuit que je passai dans un hangar désaffecté sombre et rempli de rats n'eut pas l'effet prévisible de m'empreindre de terreur, mais plus celui de réfléchir à ma condition et me rappeler à quel point le prix du voyage retour sur une ligne surpeuplée était en dehors de mes ressources financières. De retour à Paris, il faisait nuit et une grande partie de la ville était en cendres suite à un incendie d'origine inconnue. Cendres mouillées, d'ailleurs, grâce aux pluies torrentielles qui avaient maîtrisé l'incendie mais laissé place à un crachin froid et désagréable. À cause de ce crachin, je me réfugiai dans une station de métro avec pour but de rallier mon bureau par la ligne 12.

Dans la station de métro, le cauchemar repris de plus belle : une épidémie d'un mal foudroyant faisait littéralement tomber morts des gens apparemment bien portants. Suite à la décision de mise en quarantaine de la station immédiatement prise, des voyageurs paniqués tentèrent de traverser les voies, et je me souviens encore avoir imaginé les étincelles des électrocutions, et la chair carbonisée d'un mort de maladie tombé en travers de deux rails électrifiés.

Je me vois encore avoir combattu cette panique et l'épidémie avec un calme apparent et une discrétion qui chassait les regards orientés vers moi et me rendait invisible. Grâce à elle, accoutré dans une veste de tissu quadrillée analogue à celle que je porte en réalité, je me glissai hors de la station par une fenêtre grillagée, pour arriver dans un bassin de parc urbain. Soucieux d'échapper aux forces de polices chargées d'assurer l'isolement de la mise en quarantaine, je déambulai d'une démarche nonchalante que voulais attribuable à un promeneur égaré, et si occupé à cet exercice je percutai une femme officier de police chargée de réguler la circulation.

Elle : « — où sont vos papiers ? » Moi : « — attendez je les ai... »

Je sortis nonchalamment ma carte d'identité en piteux état (avec ses coins cornés comme dans la réalité mais avec en plus dans le rêve une moitié du revêtement plastique déchirée laissant voir le papier en-dessous), toujours occupé à donner l'apparence d'un badeau en promenade. Mais elle me reconnu :

— ah mais finalement vous aviez des papiers ! j'espère que je ne vous ai pas fait perdre trop de temps !

Je la reconnus comme celle qui m'avait demandé mes papiers la veille de mon départ pour Bangkok, suite à un acte illicite dont j'avais fait partie, et à qui j'avais prétendu ne jamais en avoir eu. C'est pour cela que je partis en voyage à Bangkok, d'ailleurs, même si je ne me souviens pas pourquoi.

— non, pas du tout, en fait le lendemain j'étais en congés.

(je ne sais pas du tout pourquoi j'ai répondu ça, mais c'est bien ce que je lui dis).

Puis nous nous relevâmes (nous étions tombés ensemble lorsque je lui étais rentré dedans) et elle repris ses fonctions d'agent de la circulation. Au moment où elle tirait sa veste, un véhicule passa trop vite à côté de nous et vint accrocher un autre agent de police non loin et le projeta sous les roues d'un gros transporteur. Je me souviens distinctement voir son bras coupé par un premier passage de roues, puis sa tête écrasée, puis ses jambes coupées à leur tour, pour voir enfin son torse rouler de l'autre côté de la route aplati comme une poupée gonflable vide.

L'officier se mis à hurler « oh mon dieu c'est horrible ! » sur le ton de ces protagonistes de mauvaises séries télévisées américaines, et je me baissai pour la rassurer. Ce faisant, ma tête heurta le bord de mon lit en ajoutant à la douleur du choc celle du frottement du bois contre la brûlure du soleil, sans manquer au passage d'incruster le souvenir du cauchemar dans la douleur et me plonger dans une semi-conscience éveillée où je ressassais le cauchemar et la douleur mélangés en me demandant leur signification.

C'est en partie pour cela que la nuit fut très (trop) longue. J'ai eu du mal à dormir d'une manière générale, pour tomber sur des cauchemars quand j'y arrivais. Alors que je porte un plaisir si grand à dormir et me regénérer, je peux dire que j'en ai été empêché cette nuit.

De fait, il était inimaginable que j'aille skier aujourd'hui.

J'ai d'ailleurs pensé aux conditions de mon séjour. Je suis arrivée ici en compagnie de trois gens bien, mais à qui j'ai la sensation de n'avoir rien à apporter. Dès que je regarde chacun d'eux, je vois l'indépendance d'êtres humains qui ont choisi la destination de leurs vacances avec comme préoccupation principale celle de mettre à profit efficacement chaque moment de leur séjour, au profit de leur détente, du sport, du bien-être du corps et de l'esprit, et de la détente. À n'importe quel moment, le panel de réponses possibles à la question de savoir ce qui se passera le moment d'après peut se voir attribuer pour chacune une probabilité de se produire, et depuis notre arrivée je n'ai vu se produire que celles aux probabilités les plus fortes, sans aucune indication que mon choix d'évaluation de ces probabilités puisse être faux. En somme, ces vacances sont pour l'instant lisses et sans surprise, et le ski ne m'apparaît pas comme un moyen de masquer l'ennui, mais plutôt comme en en faisant partie intégrante.

Donc, j'ai fait la grasse matinée, en posant ma fainéantise et mes réflexions post-cauchemar comme obstacle à la régularité de mon emploi du temps prévu initialement. Morne obstacle, très peu honorable, mais avec l'avantage de m'accorder quelques moments de solitude pour me ressourcer.

J'en ai profité pour absorber un demi-paquet de carambars pour me sustenter pendant la lecture de Globalia (Jean-Christophe Rufin), une histoire sur le ton du Meilleur des Mondes de Huxley ou 1984 de Orwell qui expose une morne description d'une des situations atteignables sur les routes prises par le monde dit « civilisé » d'aujourd'hui. Un peu plus de six cent pages, promptement absorbées mais tout aussi promptes à contribuer à mon état d'esprit plutôt qu'à le délayer et m'en détacher : c'est après tout le récit de la réalisation d'un des possibles avenirs les plus probables actuellement. Aucune surprise, pas de rêve, seulement le récit de sentiments impossibles ou d'un amour entaché d'un décor aride et vénéneux.

Ce matin, je me suis demandé ce qui m'empêchait de récolter mes cliques et mes claques (mes bagages), prendre l'autocar pour Moutiers puis le TGV pour Paris. Tristement, les seules raisons que je réussis à trouver furent le prix du voyage, probablement très supérieur au budget que j'avais prévu pour ces vacances (et que j'ai déjà dépassé) et les questions de mes colocataires auxquelles j'aurais à répondre ensuite, sachant que je déteste me justifier. Et puis, aussi, je n'ai pas vraiment plus de chez-moi à Paris qu'ici, seulement des habitudes qui après courte réflexion ne sont pas plus attirantes qu'une fin de semaine dans les alpes.

À choisir entre la peste et le choléra, je ne sais pas trop dans quel camp me placer. Mais il se peut que mon corps biologique pourrait tout de même trouver meilleurs réconfort et réparation ici, dans un air moins pollué, tant chimiquement que par le son.

Et puis j'ai un beau stock de champagne, de vodka, de nutella et de musique.

Chaud-froid

Lundi soir. Déjà.

Nous sommes partis samedi matin, en retard bien entendu mais pas trop. Par contre, le voyage fut long et nous n'arrivâmes que vers vingt heures, l'heure de s'apercevoir que le voyage a fatigué le corps et l'esprit et qu'il faut aussitôt rejoindre le lit pour espérer être en bonne conditions physiques le lendemain pour aller skier.

Et puis c'était dimanche. Le jour où le porte-monnaie a beaucoup maigri, entre la location des skis et le forfait de remontées mécaniques. Enfin, avec ça j'aurai pu visiter les quatre stations de ski des trois vallées, dont celle actuellement occupée par le président de Samsung.

Et puis c'était le ski.

Pour l'occasion, j'ai acheté deux biberons de trois cent millilitres, de quoi contenir d'un côté un peu d'eau et de l'autre une dose honorable de vodka-pomme. Pour tenir la douleur des muscles liée au sport, mais aussi pour apprécier pleinement les sensations de glisse avec de la trance dans les oreilles.

Et puis c'était rouge. Rouge, non pas comme le sang qui coule du corps, mais plutôt comme celui de la chair meurtrie par les ultraviolets du soleil après une journée sans suffisamment de protections contre les rayons du soleil. La douleur n'a commencé à se faire ressentir que vers le retour, pour s'accentuer dans la nuit au point que j'ai dormi avec le tube de crème regénérante à base d'huile d'avocat. La deuxième journée, lundi aujourd'hui, a vu se cumuler cette douleur acquise le premier jour avec celle du beau temps de la deuxième journée, qui a amélioré, sinon augmenté, les effets de la lumière déjà reçue.

Tant et si bien que ce soir, en plus de sentir plus qu'à l'accoutumée ma peau tirer sur la chair en-dessous, mes yeux me font sentir par force larmes qu'ils n'ont que peu apprécié l'intensité lumineuse de la journée.

Car il fait beau. Très soleil, très chaud, très peu humide, tant et si bien que la neige fond, et fond vite. Nous sommes heureux d'être arrivés à un moment où l'épaisseur préexistante nous assure la présence de la neige jusqu'à la fin de notre séjour ; cela dit, rien n'assure que nos suivants, la semaine prochaine, pourront en profiter.

2005-03-19

Starship Troopers

J'ai regardé Starship Troopers le film hier soir. J'ai beaucoup ri, mais j'ai aussi beaucoup aimé la manière de montrer un satire très bien fait en filigrane de ce qui apparaît au premier regard comme un mauvais film dominé par l'impérialisme culturel américain.

Par ailleurs, tout le long du film, je n'ai pas pu m'empêcher de reconnaître la tête du héros de Wolfenstein 3D dans celle de l'acteur qui joue le protagoniste. Une ressemblance à ce point-là, c'est frappant, surtout qu'ils partagent les mêmes expressions verbales.

Pareil avec le decorum : les uniformes des soldats d'infanterie est celui du personnage de Doom II, et les décors et les monstres sont ceux de Doom III.

Je ne sais qui de Id Software et Paul Verhoeven s'est inspiré de l'autre, mais la corrélation est vraiment agréable pour quelqu'un comme moi qui ai adoré le monde de Doom.

Après, il y a quelque chose que je n'ai pas compris : c'est exprès que tous les personnages sont beaux ? Ou est-ce une volonté de signifier que dans cette société de l'avenir on aura trouvé des moyens de rendre tout le monde beau, même les moches de naissance ?

En somme, ma culture était, me disait-on, incomplète sans avoir vu ce film, et je pense que je suis d'accord.

Après, j'ai regardé Van Helsing , c'était plus joli mais moins intéressant.

2005-03-17

Oh ! Le beau point fixe !

Ce matin, j'y suis arrivé.

Ça n'a pas été facile. Je suis d'abord arrivé au concept :

  y = lambda F : (lambda f : F(f(f))) (lambda f : F(f(f)))

mais évidemment ça n'a pas marché, en Python. Évaluation trop rapide, trop directe, trop stricte...

Alors j'ai trituré mon expression, et je l'ai enfin matée :

  y = lambda F : (lambda f : lambda x : F(f(f))(x))
                 (lambda f : lambda x : F(f(f))(x))

C'est très joli :

  >>> fact_ = lambda fn : lambda n : n and n*fn(n-1) or 1
  >>> fact = y(fact_)
  >>> fact(6)
  720

J'aime. :)

Et sans tricher !

Embrouillage

Je suis parti dans moins de quarante-huit heures. Pourtant, plein de choses dans ma tête qui s'embrouillent et s'accumulent. Je sais que tout disparaîtra sitôt que la voiture sera engagée sur l'autoroute du soleil, mais en attendant la pression monte, et c'est fort désagréable.

Je suis fatigué, je voudrais dormir. Pourtant, ce n'est pas ce soir que ça arrivera.

Ma consolation, ça a été de redécouvrrir la vodka après plus d'un mois d'abstinence hier soir, et la trance après une semaine d'abstinence ce midi. Je pense que je vais faire une cure pour me zenifier d'ici samedi.

Du courage.

La fin du mois de mars va voir se tourner beaucoup de pages, chez moi et ailleurs. D'ailleurs, à propos de ça je vois que Paumé a décidé de changer d'air… Les temps changent… (et je m'avoue avoir eu récemment des impulsions de désir de le rencontrer)

Dès demain soir, une semaine entière de repos, de déconnexion. Juste la musique, les sensations fortes, le soleil (j'espère).

Mon compte en banque va s'alléger.

Je veux du rêve. J'espère en trouver avec mes yeux et mon corps, mais j'aimerais aussi en retrouver avec mon imagination toute seule. Et aussi (même si je commence à perdre mes illusions à ce propos) chez les autres êtres humains. Du rêve, hein.

Des choses imprévisibles et agréables à découvrir.

Fenêtre sur le virtuel

Petite pause du soir avant d'aller dormir...

Je suis fatigué, j'ai mal aux jambes, aux pieds, aux muscles, au dos, à force de rester debout à parler toute la journée durant, sans compter les difficiles voyages en transports en commun aux heures de pointe. (En pasasnt, qu'est-ce que c'est stupide, un humain qui essaie de rentrer dans un wagon déjà bondé !)

Bref.

Samedi matin, je pars au ski. Une semaine. Six jours, si mes forces me le permettent et que mon corps reste intègre tout ce temps-là. En fait, je crains plus le soleil que la neige ou les chocs. J'ai déjà passé des moments fort désagréables à ne pas pouvoir dormir la nuit à cause des coups de soleil, et donc ne pas pouvoir skier le jour suivant à cause de la fatigue. Et d'un autre côté, je n'aime pas le contact de la crème solaire.

C'est chouette le ski. Le plus chouette, c'est de partir en vacances, en fait. D'autant plus que j'ai bien préparé mon coup, en me fixant un emploi du temps fixe et un champ d'obligations limité cette semaine pour ne pas ressentir d'incomplétude en partant. Ce qui va être dur, c'est de vivre plus de six jours dans un endroit inconnu avec des vrais gens bien autour de moi : ça fait plein d'occasions de décevoir, et probablement plein d'occasions où je voudrais rester seul et où je ne pourrai pas. En attendant, je prendrai un stock de vodka.

Et de chocolat.

Et le plus difficile, c'est de ne plus pouvoir passer une demi-journée sans pensée lubrique, sans m'imaginer ou imaginer autrui dans des situations de commerce charnel. C'est déprimant, et surtout nuisible doublement à ma confiance en moi : d'une part je me déçois de ne plus arriver à me satisfaire moi-même, et d'autre part je désespère de ne savoir remédier à cette situation en trouvant moyen de commercer charnellement avec d'autres êtres humains réellement palpables. En attendant, j'analyse mes pensées, j'en profite pour cerner et reconnaître mes fantasmes, et j'ai même réussi à tirer quelques conclusions constructives de cette situation tendue (sans jeu de mot) : mes désirs ne sont pas les mêmes selon mon humeur, et les attitudes sexuelles qui m'excitent le plus ne sont pas les mêmes en fonction du type de personne qui y sont impliquées. J'y vois signe d'une versatilité potentielle qui m'enchante d'avance, tant je crains par ailleurs les ravages de l'habitude qui vient avec l'âge. J'écrirai probablement des détails précis et explicites une fois que j'aurais suffisamment répété dans mon imaginaire et que je serai capable de reconstituer les images avec des mots.

Cet après-midi, j'ai pris un thé sur une table en extérieur. C'était doublement agréable : plaisir de la pause, cumulé au plaisir de voir le ciel dans la table. Le principe est simple : la table est un miroir, et il faisait beau. Je me complus à m'imaginer dans une situation où la gravité s'inversait subitement, où à un moment donné le haut se transformait en bas et inversement. J'ai cherché à imaginer comment les gens en intérieur réagiraient, s'ils chercheraient et trouveraient un moyen de rester accrochés à la terre et d'y vivre, où s'il rejoindraient le reste de la population en se laissant tomber dans le ciel. J'ai cherché à imaginer l'évolution du temps dans la chute dans le ciel, en supposant que l'atmosphère était d'épaisseur infinie et que le ciel était toujours aussi clair qu'au moment où je le regardais dans cette table. En prenant en compte les propriétés aérodynamiques du corps, j'ai essayé d'imaginer si les personnes en train de chuter préfèreraient ralentir au maximum ou foncer en piqué, en analysant les avantages relatifs des modes de chutes en terme de capacité à rattraper ou se laisser rattraper par ceux qui seraient plus bas ou plus haut... pour en arriver à la question de savoir si les gens auraient plutôt tendance à rester les uns avec les autres pour chuter en groupe, où si chacun s'isolerait pour communier avec l'immensité. Evidemment, ma lubricité s'est introduite au bout d'un moment dans ces réflexions pour imaginer un couple copulant dans ces conditions, mais c'était vraiment trop difficile à imaginer donc j'ai préféré arrêter la pause et retourner travailler.

Quelque part, je soupçonne que cela ferait probablement le thème d'un magnifique roman onirique.

Enfin, en arrière-plan de certaines activités hier j'ai tenté de reconstruire l'opérateur Y en Python, de tête et à l'aide de mon intuition. Je n'y suis pas arrivé, mais je retenterai demain.

2005-03-12

Which happy bunny are you?

you smell like butt
>congratulations. you are the "you smell like
butt" bunny. your brutally honest and
always say whats on your mind.
>
which happy bunny are you?
> brought to you by Quizilla

Sautons !

Sautons tous !

Il ne s'agit pas d'une initiative nihiliste ou révolutionnaire, mais plutôt d'une invitation à résoudre le problème de la faim dans le monde, apporter la paix, l'amour et le bien-être pour tout le monde. Bon, pas tout à fait, mais c'est rigolo quand même. Via Jada.

2005-03-08

Mu, apostrophe, unicode, oubli.

Cette page est un aide-mémoire.

« Oublié des premières listes de caractères dits latins, au même titre que le ÿ majuscule, notre ami l’e-dans-l’o le paie encore, et s’il est facile sur le net de voler un oeuf, il est plus dur d’y voler un bœuf ou de se rendre à L’Haÿ-les-Roses. »

Liste de liens :

Nouvelles

Canal 1 : en France, quand un ex-africain fait profiter de son numéro de sécurité sociale à ses multiples épouses, il risque la prison. En même temps, le gouvernement loge aux frais du contribuable la famille, les maîtresses et les enfants illégitimes des ministres et des présidents.

Canal 2 : on voyait défiler l'année dernière les intermittents du spectacle qui se plaignaient à corps et à cris de la proposition de leur interdire les indemnités de chômage à moins de travailler au moins trois mois par an. En même temps, on voit des acteurs payés des millions d'euros pour quelques semaines de tournage demander des indemnités de chômage à tel pourcentage de leur dernier salaire.

Canal 3 : la directive européenne autorisant la brevetabilité des algorithmes informatiques a été approuvée pour des « raisons administratives. » Si ce n'est pas une blague, j'ai honte. Ce qui est sûr, c'est que le premier individu qui croisera mon chemin en suggérant de la manière la plus légère que ce soit qu'il cautionne ou du moins envisage un quelconque bénéfice de cette directive s'expose à des risques fort probables d'altération de sa topologie par mes soins et une réduction non négligeable de sa durée de vie.

Canal 4 : Allofmp3.com a été disculpé de l'accusation de violation de droits de copie car ses activités ne violent pas la lettre de la loi russe, même si l'esprit de la loi s'en irrite. Youpi. Ce qui me fait penser qu'aux États-Unis, il serait tout à fait acceptable dans la lettre de la loi de publier et de diffuser de la pornographie pédophile tant que celle-ci n'incite pas à l'inceste, la pédophilie ou la violence envers les enfants et que sa production n'a pas eu lieu par ces activités ; je sens poindre là une ouverture imprévue sur les productions en images de synthèse.

Canal 5 : je trouve la réponse du chef de produit Visual C# à une critique récente de son produit complètement pathétique et infantile, et je ne manque de conchier allègrement le cynisme amer d'un informaticien défaitiste qui pourrait être moi dans 20 ans. J'espère que d'ici là j'aurai changé de métier.

Canal 6 : Depuis ce week-end, probablement sous l'effet de Bret Easton Ellis, j'ai des pensées lubriques à chaque heure du jour et de la nuit, sur des sujets auxquels je ne prêtais auparavant pas d'intérêt. Je vais peut-être faire comme Paumé, tiens.

Canal 7 : en pleine lecture des Unions de même sexe dans l'Europe médiévale et antique (John Boswell, ISBN 2213597189), un ouvrage aux vertus cultivantes et spirito-ouvrantes.

Plein de choses à penser, c'est chouette.

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